Par Camille Cohignac, Publié le 4 avril 2018

Product management

Soyez optimistes, dites “non”, votre produit vous remerciera

Au cours de mes différentes interventions au sein d’équipes produit, j’ai souvent eu à dealer avec des décisions incompréhensibles, surréalistes ou hors sujet parce qu’un “non” ferme, définitif et argumenté n’avait pas été posé au bon moment.

Bien souvent, les équipes — en bout de ligne — s’embourbent jusqu’aux genoux pour essayer de réaliser l’irréalisable et cela signe 99% du temps le début de l’inertie ou carrément la mort du projet (sans vouloir être pessimiste) ¯\_(ツ)_/¯

Apprendre à dire “non” de manière diplomate est, il est vrai, un exercice de style qui incombe à chaque membre de l’équipe mais surtout aux product managers ou aux chefs de projet qui se doivent de préserver la cohérence du produit/projet et d’offrir à l’utilisateur une expérience meilleure que chez le voisin ;)

Rappel n°1 : Toutes les idées sont bonnes à prendre mais pas forcément à garder

Dans un fonctionnement d’équipe idéal en agilité, chaque membre de l’équipe a la parole et est écouté, tout comme il peut voir son idée réalisée. Toute la subtilité réside dans la fin de la phrase : “il peut voir son idée réalisée”.

On ne peut pas dire “oui “ à tout, alors quand doit-on dire “non” ? C’est Facile.

Cette nouvelle solution technique ou cette nouvelle fonctionnalité sert-elle votre promesse/votre vision du produit/l’utilisateur ?

Si la réponse à cette question est “non”, dites “non”. Ne dites pas “peut-être plus tard”, ni “je vais y réfléchir” dites juste “non”. C’est simple comme bonjour.

Mais pourtant on a testé cette fonctionnalité, les gens adorent !

C’est vrai ? GÉ-NIAL ! Mais une fonctionnalité n’est PAS un produit.

Les utilisateurs peuvent adorer une fonctionnalité (ex: le parrainage ou la lecture hors ligne…), si elle n‘est pas en cohérence avec votre produit, votre promesse, ça ne marchera pas. La fonctionnalité sert le produit : CQFD.

Posez-vous bien la question : à quoi sert cette fonctionnalité dans le cadre de mon produit ? Elle ne sert à rien ? Alors dites “non”!

Autrement dit, restez focus sur votre produit et pourquoi vous le faites. Vos utilisateurs vous diront merci et votre commanditaire aussi. D’ailleurs quand on parle du loup…

Rappel n°2 : Arrêtez d’avoir peur de votre commanditaire et autres comités décisionnels

Attention. Je m’apprête à enfoncer une porte ouverte. Les commanditaires/stakeholders n’ont pas votre rôle, sinon ils seraient à votre place et pas à la leur. Ça va mieux en le disant.

Le commanditaire a très souvent plein d’idées et plein de phrases toutes prêtes du style “ils ont fait ça en tant de temps on devrait pouvoir le faire aussi” ou “si on le fait pas quelqu’un va le faire à notre place”. Certes, je conçois que ce n’est pas facile mais faites le tri avec diplomatie et dites “non”. Ou dites “stop”. Car les besoins des utilisateurs ou les contraintes techniques évoluent parfois plus vite que votre commanditaire et que si vos utilisateurs sont contents, votre commanditaire le sera aussi. Il/elle ne connait pas l’humeur des équipes, les acquis techniques, les freins extérieur et c’est votre rôle de l’en tenir informé pour rester focus et évoluer dans un cadre sein et réaliste.

In fine,vous travaillez pour un produit et non pas pour une personne.

Rappel n°3 : faites preuve de diplomatie

Maintenant que vous savez dire non, n’en abusez pas non plus. Vous êtes garant du produit, pas dictateur ;) Vous pensez que telle solution ou telle fonctionnalité ne doit pas être embarquée ? Il y a forcément une raison alors dites-la haut et fort (mais avec bienveillance tout de même). Ne laissez pas planer l’incompréhension d’un “non” dans votre équipe au risque d’être perçu comme injuste.

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